Designer graphique, directeur artistique, graphiste, UX designer, quelles différences ?

Dans mes articles précédents tu as pu découvrir le studio Notagraphe ainsi que mes valeurs. Tu as aussi reçu des conseils pour choisir la prochaine personne à qui confier tes projets de design. Mais sais-tu vraiment de quel type de professionnel·le tu as besoin ? Designer graphique, graphiste, UX designer…il y a de quoi s’y perdre ! Voyons ensemble qui sont ces professionnels de la création et quels sont les corps de métiers reliés à des activités de graphisme.

Ils sont graphistes

Si tu n’es pas familier·e de l’univers du graphisme, sache qu’il existe de très nombreuses dénominations chez les graphistes. La définition première et généraliste d’un graphiste est la suivante selon le site l’Internaute : “Graphiste désigne une personne spécialiste des arts graphiques, c’est-à-dire une personne dont la profession est de mettre sur pied des supports de communication visuelle. Un bon graphiste doit savoir maîtriser trois domaines : typographie, usage des images et mise en page.” Je suis assez d’accord avec cette définition qui regroupe à mon sens les caractéristiques principales définissant un graphiste aujourd’hui.

Néanmoins, tous·te les graphistes ne se présente pas de la même manière et pour cause : nous ne proposons pas tous·tes les même prestations et n’avons pas tous·tes les même spécialités. Voici quelques exemples de “fiches de poste” que tu vas fréquemment voir si tu recherches des graphistes sur le net :

  • Directeur·ice artistique (DA) : Le·la DA est responsable de la création visuelle. Il·elle a souvent plusieurs casquettes. Cette personne pense les concepts et propose les idées en prenant en compte toutes les contraintes techniques et managériales. Elle s’occupe de la conception graphique mais aussi de la négociation avec les autres intervenants (comme les commerciaux) et du suivi technique des projets de design (comme l’impression). C’est surtout un poste que l’on retrouve en agence, car bien souvent, un·une directeur·ice artistique supervise d’autres designers qui sont formés à l’exécution des idées formulées par le·la DA.

Exemple : le·la directeur·ice artistique récupère un brief créatif demandant la création d’une boite pour un flacon de parfum. Il·elle prend en compte le budget, le ton, la forme et participe aux réunions avec la marque pour imaginer une boite à l’image du produit, en tenant compte des futurs acheteurs du parfum.

  • Graphiste exé(cutant·e) : Il s’agit d’un poste qui ne requiert pas de direction artistique. Cette personne intervient lorsque le concept est déjà bien défini (souvent par le DA). Elle intervient sur l’étape de mise en forme du projet et s’occupe du suivi de la qualité technique du design. Il s’agit d’un poste qui requiert moins de compétences en “création d’idée”, mais plus de rigueur et de technique. L’exé doit souvent connaitre toutes les règles de design pour pouvoir mettre en conformité l’idée qui lui a préalablement été transmise (adapter un design pour un packaging par exemple).

Exemple : Le·la directeur·ice artistique présente au graphiste exé le concept qu’il·elle a imaginé et validé avec la marque pour la boite de parfum. Il·elle lui donne aussi le texte devant apparaitre sur le packaging ainsi que les directives graphiques. Le·la graphiste exé se charge de proposer des mises en forme de boite en accord avec les contraintes de patronnage et d’impression.

  • Designer graphique : C’est un poste plus polyvalent. Le·la designer graphique est capable de conceptualiser une idée et de proposer des concepts, mais aussi de la mettre en forme avec rigueur. Le·la designer graphique, à la différence du poste de directeur·ice artistique, ne dirige pas d’équipe et n’est pas en charge de la communication inter-équipe ou de la prise en compte des contraintes budgétaires. Par contre, il·elle peut être force de proposition et doit connaitre toutes les contraintes graphiques liées à un projet.

Par exemple : Le·la directeur·ice artistique va recevoir le brief créatif pour la boite du parfum et va demander au designer graphique de s’occuper à la fois du concept et de la mise en forme, le tout sous sa supervision ou en collaboration avec lui·elle.

  • Graphiste : C’est la terminologie que toutes les personnes ci-dessus vont employer lorsqu’elles rencontrent un nouvel interlocuteur peu familier du domaine du design, histoire de proposer un terme plus générique, qui parlera aux néophytes !

Exemple : Bonjour, je suis graphiste et mon travail, c’est de créer de jolies boites de parfum pour Fragonnard !

Bien évidemment, je te présente ici des postes clairs et bien définis. La réalité peut être assez différente, car le·la designer graphique peut être amenés à faire de la direction artistique et le·la DA à faire la conception complète d’un packaging. Il existe aussi des graphistes qui s’occupent uniquement des produits imprimés (packaging, affiches, conception de livres…) et des graphistes qui s’occupent uniquement des produits web (bannières web, design de feed instagram, avatars…). Dans ce cas-ci, tu retrouvera souvent les mention “web” et “print” dans l’intitulé du poste.

Il est aussi à noter que ces dénominations évoquent des postes un peu différents lorsque l’un parle de freelançing, tout simplement car toutes ces personnes doivent exploiter des compétences transversales pour faire leur travail le plus efficacement possible. Par exemple, un·une graphiste exé en freelance devra avoir de bonnes compétences relationnelles pour gérer ses clients. À l’inverse, un·une DA en freelance n’aura pas toujours une équipe à diriger mais devra avoir des compétences techniques aussi importantes qu’un graphiste exé pour pouvoir gérer l’entièreté du processus de création.

En règle générale un·une freelance, qu’il·elle soit DA, exé ou designer graphique, proposera une dénomination pour son travail en accord avec les compétences qu’il·elle estime être principales : pour un·une DA, ce sera surement la gestion de projet, pour un·une exé ses compétences techniques et pour un·une designer graphique sa polyvalence. Ces dénominations sont très souvent des “héritages” de précédents postes en agence, qui témoignent d’un savoir faire reconnu dans une ancienne entreprise.

Ils ne sont pas graphistes (ou le sont, mais ce n’est pas leur coeur de métier)

Il existe une multitudes de postes à ne pas confondre avec le métier de graphiste. Voici une liste non exhaustive des métiers souvent considérés comme interchangeables avec le métier de graphiste, qui demandent des compétences et des expertises spécifiques et différentes …

  • L’UX designer : Il·elle pense et défini la meilleure expérience utilisateur pour un produit ou un service, souvent un site internet, une application ou un jeu. Son coeur de métier réside dans la réflexion autour de l’utilisateur·ice final et des besoins que le design doit combler. Faut-il un bouton à cet endroit pour que l’utilisateur puisse revenir directement en haut de la page sans scroller ? Quelle couleur et typographies favoriseront la lecture sur un petit écran pour une personne mal voyante ? Voici les questions que se pose l’ux designer.
  • L’UI designer : C’est la personne en charge de la transcription graphique de ce que l’ux designer a proposé. Il·elle se charge de la mise en forme du site ou de l’application, pour proposer un design esthétique en fonction des contraintes que l’ux designer lui aura expliqué. Parfois, un·une ui designer peut ne pas travailler avec un ux designer. Tu bénéficiera sans aucun doute d’un site beau et fonctionnel mais le design ne répondra peut-être pas à des besoins spécifiques en terme d’inclusivité, d’accessibilité ou de confort de navigation.
  • L’illustrateur·ice : Certains·nes graphistes peuvent-être illustrateurs·rices, mais tous les illustrateurs·rices ne sont pas des designer graphiques ! La distinction est importante, car un·une illustrateur·rice seul·e ne sera sans doute pas en mesure de s’occuper de l’entière création du design graphique ou de l’identité graphique d’un produit ou service. En effet, l’illustrateur·ice n’a pas toutes les clef et les règles graphiques en tête pour créer un design facilement reconnaissables et utilisable.

Autres confusions possibles

  • Webdesigner : Cette personne est chargée de designer des sites web et uniquement des sites web.
  • Dessinateur·rice projeteur·se : Conçoit des plans techniques pour des ingénieurs d’étude, des architectes et des designers d’espace.
  • Webmaster : S’occupe de la bonne santé d’un site web et des contraintes techniques inhérentes au maintient des sites.
  • Community Manager : Créé du contenu destiné à faire vivre les réseaux sociaux d’une marque (des challenges, updates produit etc).
  • Chargé·e de communication : S’occupe de la définition des supports de communication (écriture et vision). Passe le relai au graphiste pour la partie création graphique du support.
  • Copywriter : Créé du contenu textuel impactant et adapté destiné à la communication et la publicité.
  • Designer d’espace : S’occupe de la conception du design d’espace, souvent en collaboration avec des architectes
  • Développeur·se : Met ses compétences techniques au service du développement web d’un site ou d’une application.

Maintenant, tu sais qui tu cherches et quels termes utiliser pour le définir en fonction de tes besoins. J’espère que cet article t’aura donné un petit coup de pouce pour comprendre avec qui travailler sur quel aspect de ton projet !

À très bientôt !