Designer graphique freelance : mon parcours

Devenir designer graphique freelance ?

Aujourd’hui je t’explique mon parcours, des bancs de l’école en passant par le salariat pour finalement devenir designer graphique freelance. Étonnamment, enfant, je n’aurai jamais songé à devenir designer graphique ou illustratrice. Peut-être tout simplement parce que j’ignorais que cela existait. Mes parents étaient instituteurs. Aucun de mes proches ne faisait un métier considéré du « domaine créatif ».

Pourtant plusieurs de mes « hobbies » auraient dû me mettre la puce à l’oreille. À 8 ans, j’étais rédactrice en chef, illustratrice et designer de mon propre journal : ma propre version du magazine Astrapi, avec beaucoup plus de reportages animaliers. Je créais des grimoires en carton et des invitations maison pour mes goûters d’anniversaire. J’avais un monde intérieur très riche et une passion pour tout ce qui me semblait esthétique (tout du moins pour une gamine de 8 ans).

La tête dans les nuages, je voulais devenir astronome, trapéziste, écrivaine ou journaliste. Je crois que le métier le plus réaliste que j’ai souhaité exercer a été boulangère.

Quand il a fallu choisir une voie, j’ai choisi d’étudier le design graphique. Je dois finalement ce choix à peu de choses. À 14 ans, je suis tombée sur un reportage à la télé dédié au chanteur Mika. On voyait notamment ses sœurs s’occuper de la direction artistique de ses projets. Je me souviens très bien d’elles, notamment de Yasmine, entrain de peindre des illustrations pour un album.

À ce moment-là une chose m’a frappée : il était donc possible de gagner sa vie en restant assis à un bureau et en dessinant et riant toute la journée (vision un peu simpliste du métier, mais passons, j’avais 14 ans). J’aurai pu remarquer cela beaucoup plus tôt, mais en fait, je n’avais jamais imaginé « pouvoir » faire ce métier. Pour moi, écrivain, illustrateur ou magicien étaient des hobbies.

Des activités que l’on pratiquait le week-end ou pendant son temps libre. C’est seulement vers cet âge-là que j’ai réalisé que je n’étais pas obligée de garder mes envies de création pour le week-end, mais que je pouvais bel et bien en faire mon métier.

Mon parcours scolaire

À cette époque ce n’était pas un domaine très connu ou reconnu par les conseillers d’orientation. Au point jeunesse de ma ville, quand il a fallu choisir un cursus d’études supérieures, on m’a même carrément dit que les études de graphisme, ça n’existait pas. J’ai fait mes propres recherches et j’ai trouvé quelques écoles. Elles étaient soit horriblement chères, soit horriblement sélectives et même parfois, les deux à la fois. Plusieurs proposaient des diplômes non reconnus par l’État ce qui était, pour moi, rédhibitoire (mes parents étaient prof, au cas où tu l’aurais oublié).

J’ai postulé en Mise à Niveau en Arts Appliqués dans plusieurs écoles de ma région, soit privées sous contrat, soit totalement gratuites. Jai finalement décroché mon premier vœu sur admission post-bac. À la rentrée suivante, je partais pour le lycée La Tourrache, à Toulon.

J’ai effectué ma MANAA et mon BTS communication visuelle option graphisme, édition et publicité dans cette école semi-privée et j’ai adoré mon parcours. Nous étions très peu nombreux par section (15 en moyenne) ce qui était parfait pour suivre un parcours de designer graphique. Contrairement à la fac, expérimentée plus tard dans mon cursus, nous étions libres, mais bien accompagnés. Les professeurs étaient des professionnels de l’image, très disponible pour les élèves. J’ai reçu des cours de graphisme, de mise en page, d’histoire de l’art, d’histoire du graphisme… En sortant d’un diplôme professionnalisant comme celui-ci, j’étais déjà opérationnelle pour effectuer du travail d’exécutante.

Quand il a fallu choisir quoi faire après, j’ai décidé de suivre une année de licence en direction artistique de projet dans une école privée (grave erreur). Le programme de l’école, qui me semblait plutôt complet. À ce moment-là je souhaitais vraiment approfondir mes compétences en direction artistique et en illustration. Pour être totalement honnête, je n’ai pas apprécié cette formation. L’ambiance était beaucoup plus scolaire que ce que j’avais pu connaitre et ça ne me convenait pas.

Au-delà de cet aspect, je trouvais cette école assez exigeante sur le plan financier : proposer du matériel et des services payant en plus des frais de scolarité, dans une ville déjà chère à la base était une politique que je trouvais excessive et clivante. Nous étions aussi obligés de participer à des concours, pour accroitre la renommée de l’école. Si l’on refusait de s’inscrire, on nous refusait nos crédits européens. Sensation confirmée lorsque j’ai annoncé en fin d’année ne pas vouloir revenir pour le master, car je trouvais la formation peu convaincante. J’ai évidemment été convoquée par le directeur pour un motif discutable, intimidée et finalement remerciée sur les mots suivants : « On t’invitera à venir voir les books des étudiants de master, tu regretteras d’être partie ». Spoiler alert, je n’ai jamais rien regretté.

Mes premières expériences de designer graphique en freelance

Après cette expérience peu satisfaisante, j’ai décidé de prendre une année pour entrer dans la vie active. J’ai d’abord cherché du travail dans mon secteur d’activité, sur ma région. À ce moment-là, il y avait peu de demandes. En parallèle, j’ai décidé de me lancer en tant que designer graphique freelance. J’ai eu quelques contrats et fait plusieurs expositions d’illustrations, mais c’était une expérience difficile. Finalement, j’ai préféré rebondir et j’ai trouvé un travail alimentaire dans la vente de vêtements avant de commencer un master en création numérique.

En effet, durant cette année de flottement, j’ai fais le constat que je n’avais pas assez de connaissances dans le domaine du numérique. J’avais fait des études principalement dédiées aux produits imprimés et je manquais beaucoup d’opportunités en ne proposant pas de contenu adapté pour le web. Je me suis inscrite en Master Info-Com spécialité production numérique et immersion à l’UFR Ingémédia de Toulon. Deux années rythmées par deux fois quatre mois d’apprentissage en mode start-up et six mois de stages en entreprise. Un apprentissage très formateur, avec les avantages et les inconvénients de la fac. J’ai appris à rédiger du contenu, construire une stratégie de communication, créer des expériences numériques, des wireframes et du contenu adapté au web, un peu de vidéo et surtout, monter un projet de A à Z avec d’autres corps de métier, travailler en équipe et gérer un groupe de personnes.

Pendant mon parcours de designer graphique, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de faire des stages en agence de communication et en imprimerie. Mes stages en agence ne se sont pas toujours bien passés. Certains se sont même avérés assez destructeurs sur le plan moral. Finalement, une fois mes études terminées, je ne me voyais pas aller travailler en agence. Je ne me sentais jamais vraiment à ma place. J’avais l’impression d’être bridée en termes de créativité et je détestais l’ambiance. Je ne voulais plus travailler dans un secteur ou le client est roi. Je voulais pouvoir travailler côte à côte avec mes clients et mes collègues. Ce qui m’intéressait, c’était transmettre mes connaissances et mettre mes compétences au service de projets que je jugeais utiles. J’ai donc cherché à me tourner vers de jeunes entreprises ou des start-ups. Ce que j’avais retenu comme positif durant mes années à Ingémédia, c’était ces quelques mois passés à développer un projet, en équipe. Je voulais revivre ça.

Je voulais faire partie d’une équipe, évoluer dans un cadre bienveillant et travailler sur des projets qui avaient du sens.

J’avais besoin d’apprendre. Apprendre ce qu’étais la gestion de projet dans une véritable entreprise, apprendre à être un couteau suisse. Je voulais pouvoir expérimenter. J’avais besoin que l’on me donne des responsabilités et surtout une marge de manœuvre en termes de créativité.

C’est ainsi que j’ai commencé à travailler dans une start-up nantaise, puis à mon compte. Je vous raconterai surement cette période dans un prochain article. En attendant, j’espère que cet article vous a éclairé sur mon parcours de designer graphique.

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Mon parcours de designer graphique freelance
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